Votre doigt est gonflé, douloureux et se plie mal après un choc, une infection ou sans raison évidente. Pas de panique, mais n’attendez pas. Des gestes simples soulagent vite, et certains signes doivent vous amener à consulter rapidement pour éviter les complications. Voici comment reconnaître la cause, calmer l’inflammation et retrouver l’usage de votre main en toute sécurité.
💡 À retenir
- Retirez vos bagues, reposez le doigt (glace, compression, élévation). Consultez vite si douleur intense, fièvre, plaie, déformation ou perte de sensibilité.
- Environ 20% des personnes ressentent des douleurs aux doigts à un moment de leur vie.
- Les infections peuvent entraîner des complications si elles ne sont pas traitées.
- Plus de 50% des cas de doigts gonflés sont dus à des blessures.
Les causes d’un doigt gonflé
Un doigt gonflé correspond à un excès de liquide ou d’inflammation dans les tissus du doigt. Cela peut toucher la peau, les tendons, les articulations ou la gaine qui permet aux tendons de coulisser. Le résultat est un volume augmenté, une sensation de tension et une raideur au mouvement.
La première cause à envisager reste la blessure: choc, entorse, luxation ou fracture. On estime que Plus de 50% des cas de gonflement sont liés à un traumatisme, parfois anodin comme se cogner contre une table. Mais d’autres raisons existent, comme une infection locale, une crise de goutte ou une poussée d’arthrose. Un doigt gonflé n’est pas un diagnostic en soi, c’est un signal que le doigt réagit à une agression.
Choc ou blessure
Un coup direct, une torsion ou un faux mouvement peut entraîner un œdème immédiat. Les entorses des articulations interphalangiennes, les luxations ou les fractures provoquent souvent un gonflement rapide, une douleur localisée et parfois un hématome. Chez les grimpeurs, une rupture de poulie tendineuse (souvent la A2) donne un gonflement avec douleur à la base du doigt et une difficulté à fléchir.
Exemple concret: vous jouez au ballon, la balle percute l’extrémité du doigt. Dans l’heure, il gonfle, devient bleu et plie mal. C’est typique d’une entorse ou d’une fracture en maillet. Une immobilisation précoce évite les séquelles.
Infection
Une petite plaie, une écharde, une cuticule arrachée ou une morsure peut s’infecter. La paronychie (panaris) autour de l’ongle crée douleur pulsatile, rougeur et gonflement local. Plus profond, un phlegmon des gaines (infection de la gaine des fléchisseurs) est une urgence: doigt gonflé, douloureux sur tout le trajet du tendon, position en flexion, fièvre possible. Sans traitement, les infections peuvent s’étendre et abîmer les tendons.
Exemple concret: en jardinant, une épine s’enfonce. Deux jours plus tard, le doigt est rouge, chaud, douloureux, avec une ligne rouge remontant vers la main. C’est un signe d’infection qui progresse et nécessite une consultation rapide.
Arthrose et autres maladies
L’arthrose des articulations interphalangiennes ou du pouce entraîne des poussées de gonflement, raideur matinale et douleurs à l’effort. De petites bosses osseuses (nodules) peuvent apparaître au fil du temps. La polyarthrite rhumatoïde donne des doigts gonflés et sensibles, souvent symétriques, avec raideur longue le matin.
La goutte provoque des crises brutales, un doigt rouge, chaud, très douloureux, souvent après un repas riche ou de l’alcool. Une ténosynovite (inflammation de la gaine d’un tendon) cause un gonflement en coulisse, parfois avec un “ressaut” à la flexion. Dans ces cas, l’inflammation est la principale source du volume excessif.
Symptômes associés
Identifier les signes qui accompagnent le gonflement aide à remonter à la cause. Une douleur qui bat au rythme du cœur évoque une infection. Un hématome et une douleur vive au toucher orientent vers un traumatisme. Une raideur matinale qui s’améliore en bougeant est fréquente dans les maladies inflammatoires.
Surveillez la chaleur locale, la couleur de la peau, l’amplitude de mouvement et la force de préhension. Des sensations de fourmillement ou un engourdissement peuvent indiquer une compression nerveuse. Une déformation visible, une plaie profonde, ou une fièvre associée doivent alerter.
- Douleur vive à la pression osseuse ou incapacité à plier/étendre: suspectez une fracture ou une rupture tendineuse.
- Rougeur diffuse, chaleur, pus, traînée rouge vers la main: infection probable.
- Blocage mécanique avec “clic” douloureux: doigt à ressaut (ténosynovite sténosante).
- Crise nocturne après excès alimentaire: possible accès de goutte.
- Perte de sensibilité, pâleur ou doigt très froid: consultez en urgence.
Que faire en cas de doigt gonflé ?

Commencez par des mesures simples: retirez bagues et bijoux, reposez la main, appliquez de la glace 15 minutes, 3 à 5 fois par jour, comprimez modérément avec une bande et surélevez la main. Ce protocole GREC limite la douleur et l’œdème. Évitez la chaleur dans les 48 à 72 heures suivant un traumatisme.
Pour la douleur, le paracétamol est souvent bien toléré. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent aider si vous n’avez pas de contre-indication. En cas de plaie, nettoyez à l’eau et au savon, désinfectez et surveillez. Ne percez jamais un panaris profond. Si la douleur est intense, le doigt très raide, ou s’il existe une déformation, une imagerie (radiographie, parfois échographie) peut être nécessaire.
Traitements médicaux
Le traitement dépend de la cause. Les entorses légères bénéficient d’un strapping ou d’une attelle courte, avec mobilisation progressive. Les fractures et luxations nécessitent une immobilisation plus longue, parfois une réduction ou une chirurgie. Les infections superficielles demandent un drainage local et des antibiotiques; les infections de gaine sont opérées en urgence pour éviter les séquelles.
Les crises de goutte sont soulagées par AINS, colchicine ou corticoïdes selon votre profil. Les poussées d’arthrose ou de ténosynovite peuvent répondre à une infiltration de corticoïdes, associée à de la kinésithérapie pour récupérer la souplesse. La polyarthrite rhumatoïde relève d’un suivi rhumatologique avec traitements de fond. La rééducation (mobilisations douces, renforcement de l’arcade digitale, gestion des cicatrices) accélère le retour à la fonction.
Témoignage bref: “Sophie, 34 ans, s’est cogné l’index en bricolant. L’attelle 10 jours, la glace et trois séances de kiné ont suffi. Deux semaines plus tard, elle repliait son doigt sans douleur.”
Témoignage bref: “Nadia, 26 ans, a développé un panaris après avoir arraché une cuticule. Drainage en cabinet et antibiothérapie: le gonflement a disparu en trois jours.”
Remèdes naturels
En complément des soins médicaux, certains gestes peuvent aider. Les bains d’eau tiède salée apaisent les doigts raides hors phase aiguë. Les contrastes chaud/froid soulagent parfois les tendinites. L’automassage doux de la paume vers le bout du doigt favorise le retour veineux. Le curcuma et le gingembre ont des propriétés anti-inflammatoires légères, à intégrer à l’alimentation si vous les tolérez.
Des étirements progressifs, sans douleur vive, améliorent la mobilité: rapprochez lentement la pulpe du doigt de la paume, tenez 10 secondes, relâchez, répétez 5 fois, deux fois par jour. Écoutez la douleur: si elle augmente à l’heure qui suit, réduisez l’intensité. Les huiles essentielles doivent être utilisées avec prudence et jamais sur une plaie.
Témoignage bref: “Marc, 58 ans, a réduit ses crises de goutte en ajustant son alimentation et en s’hydratant mieux, en plus du traitement prescrit. Son dernier épisode a été deux fois plus court.”
Prévention et conseils
Protégez vos doigts lors des activités à risque: port de gants en bricolage et jardinage, échauffement des mains avant le sport, bagues retirées pendant l’effort. En gestes répétitifs (clavier, outils), faites des pauses régulières et alternez les mouvements pour reposer les tendons. Une ergonomie adaptée du poste de travail réduit les microtraumatismes.
L’hygiène des mains et des ongles limite les infections: ne rongez pas vos cuticules, coupez les ongles droits, nettoyez toute plaie immédiatement. Pour les personnes sujettes à la goutte, hydratez-vous, limitez alcool et excès carnés, et discutez d’un traitement de fond avec votre médecin. En cas de maladies inflammatoires, un suivi régulier évite les poussées.
- Renforcez la musculature intrinsèque de la main: pressez une balle souple 10 secondes, relâchez, 10 répétitions, 3 fois par semaine.
- Étirez les fléchisseurs et extenseurs doucement, surtout après l’effort.
- Surveillez les signes d’alerte: douleur qui réveille la nuit, fièvre, gonflement qui s’aggrave ou déformation.
- Consultez rapidement si un doigt gonflé suit une plaie, une morsure ou une écorchure.
- Gardez une trousse simple: bande élastique, pansements, antiseptique, poche de froid.
Un doigt gonflé ne doit jamais être forcé. La bonne stratégie combine repos mesuré, gestion de la douleur, mobilisation progressive et, si besoin, avis médical. Même si 20% des gens auront un jour des douleurs digitales, une prise en charge précoce fait généralement toute la différence pour retrouver une main fonctionnelle sans séquelles