Une douleur sur le côté extérieur du pied peut gâcher une marche, un footing ou même une journée au bureau. Le nerf sural, petit mais essentiel, est souvent au cœur du problème. Reconnaître ses signes, comprendre ses causes et agir tôt évite que l’inconfort ne s’installe. Voici un guide clair et pratique pour identifier ce qui se passe et retrouver un appui confortable.
💡 À retenir
- Le nerf sural est responsable de la sensation sur le côté extérieur du pied.
- Environ 30% des douleurs au pied sont liées à des problèmes nerveux.
- Des exercices de renforcement peuvent réduire la douleur jusqu’à 50%.
Qu’est-ce que le nerf sural ?
Le nerf sural est un nerf purement sensitif qui transmet les informations tactiles et douloureuses depuis la partie extérieure de la cheville jusqu’au bord latéral du pied et du petit orteil. Il ne commande pas les muscles, mais il vous permet de sentir le contact, la pression et la température sur cette zone.
Il naît dans le mollet, longe l’arrière de la cheville, puis contourne la malléole externe pour se ramifier vers le bord externe du pied. Lorsque ce trajet est irrité ou comprimé, une douleur sur le côté extérieur du pied peut apparaître, parfois avec des picotements ou des brûlures.
Anatomie et fonction du nerf sural
Le nerf sural se forme par la réunion de branches issues du nerf tibial et du nerf fibulaire. Il descend près de la veine saphène externe, passe derrière la malléole latérale et se termine au niveau du cinquième orteil. Sa mission est de transmettre la sensibilité cutanée, et non le mouvement. Cette particularité aide à distinguer un problème du nerf sural d’une tendinite ou d’une lésion musculaire.
Causes de la douleur sur le côté extérieur du pied
La douleur sur le côté extérieur du pied liée au nerf sural provient le plus souvent d’une irritation mécanique. Chaussures trop serrées, laçage compressif, bottes rigides, chaussettes à bords élastiques serrés et orthèses mal ajustées peuvent comprimer le nerf, surtout derrière la malléole externe.
Les traumatismes jouent aussi un rôle. Après une entorse de cheville, l’œdème, l’hématome ou des tissus cicatriciels peuvent coincer le nerf. La course sur routes bombées, les changements brusques d’entraînement, les terrains inclinés ou un varus de l’arrière-pied augmentent la charge sur le bord externe, favorisant l’irritation. Chez certaines personnes, un kyste ou une varice adjacente occupe de l’espace et entretient le conflit. Environ 30% des douleurs du pied ont une composante nerveuse, ce qui explique pourquoi la gestion de la sensibilité est aussi importante que la gestion de la charge.
Exemple concret : Samir, 41 ans, ressentait des brûlures latérales en fin de journée depuis qu’il portait des chaussures de sécurité neuves. En relâchant le laçage près de la cheville, en ajoutant un renfort talonnier et en effectuant des exercices de mobilité nerveuse, la douleur a nettement diminué en trois semaines.
Pathologies liées
- Entorse latérale de cheville avec œdème et fibrose qui irritent le nerf derrière la malléole.
- Compression par chaussure rigide, attelle, plâtre ou orthèse trop serrée.
- Kyste ganglionnaire ou varice à proximité du trajet nerveux.
- Hématome post-traumatique ou cicatrice après chirurgie du tendon d’Achille.
- Déséquilibres biomécaniques prolongés : course sur plan incliné, varus du talon, supination marquée.
Symptômes associés

Les signes typiques du nerf sural sont des sensations de brûlure, d’aiguilles ou d’électricité le long du bord extérieur du pied, parfois avec une zone “endormie”. La douleur sur le côté extérieur du pied peut s’aggraver avec une chaussure serrée, un appui prolongé, la course en descente ou la flexion de cheville.
Un signe fréquent est la sensibilité au toucher derrière la malléole externe. Tapoter doucement cette zone peut déclencher une décharge électrique vers le bord latéral du pied, ce qu’on appelle un Tinel positif. Ne pas confondre avec une tendinopathie des fibulaires, qui se manifeste surtout à l’effort et lors de l’éversion contre résistance.
- Fourmillements, brûlures, engourdissement sur le bord externe du pied et du petit orteil.
- Douleur nocturne ou au repos, parfois disproportionnée par rapport à l’activité.
- Hypersensibilité cutanée au frottement de la chaussette ou de la chaussure.
- Déclenchement par compression locale, laçage ou appui prolongé.
- Peu ou pas de faiblesse musculaire, car le nerf est sensitif.
Options de traitement
Le premier objectif est de réduire la pression sur le nerf et d’apaiser l’inflammation. Ajuster le laçage, changer de chaussure, utiliser une semelle qui stabilise le talon, limiter les surfaces inclinées et diminuer temporairement le volume d’activité font souvent une différence notable en quelques jours.
Sur la douleur neuropathique, le repos absolu n’est pas toujours la meilleure stratégie. Une reprise progressive, guidée par la tolérance, soutenue par des techniques de désensibilisation et des exercices ciblés, donne de meilleurs résultats. Des exercices de renforcement bien choisis peuvent réduire la douleur jusqu’à 50%, surtout lorsqu’ils corrigent la charge latérale et stabilisent la cheville.
Médicaments et thérapies
- Analgésiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens sur quelques jours, si indiqués par un professionnel de santé.
- Médicaments de la douleur neuropathique (par exemple gabapentine, amitriptyline) dans les cas persistants, sur avis médical.
- Physiothérapie : mobilisation douce de la cheville, techniques de glissement nerveux, thérapie manuelle et travail de désensibilisation cutanée.
- Orthèses/strapping : support talonnier, cup en U, taping pour limiter la supination excessive et décharger la zone latérale.
- Infiltration ciblée autour du nerf dans certains cas rebelles, et plus rarement décompression chirurgicale si un conflit structurel est confirmé.
Témoignage : “Après une entorse, j’avais des décharges sur le bord du pied à chaque pas. Trois semaines de glissements du nerf sural, un laçage différent et des semelles avec cup talon ont suffi pour reprendre la marche rapide sans brûlure.”
Quand consulter ? Si la douleur sur le côté extérieur du pied s’aggrave, s’accompagne d’un engourdissement étendu, d’une perte de force, ou persiste plus de deux à trois semaines malgré les adaptations, prenez rendez-vous avec un podologue, un médecin du sport ou un kinésithérapeute. Un examen clinique et, si besoin, une échographie ou une électroneuromyographie aident à préciser le diagnostic.
Prévention et conseils
Limiter les facteurs de compression et répartir la charge sur le pied restent les meilleurs garde-fous. Choisissez des chaussures adaptées, évitez les laçages trop serrés au cou-de-pied, variez les surfaces d’entraînement et progressez graduellement. Si vous courez souvent sur route bombée, alternez les côtés pour ne pas surcharger le bord externe.
Un programme simple combinant mobilité de la cheville, glissements nerveux et renforcement des muscles latéraux du pied stabilise l’appui. La surveillance des sensations est essentielle : si un exercice augmente des décharges électriques ou des brûlures durables, allégez l’intensité et réduisez l’amplitude.