Alat et gamma GT élevés : causes et solutions

Par Mathieu Morel

Publié le 22/02/2026

Alat et gamma GT élevés : causes et solutions

Voir des ALAT et gamma GT élevés sur une prise de sang inquiète, mais ce sont surtout des signaux utiles pour agir tôt. Ces enzymes reflètent l’état du foie et de l’arbre biliaire, parfois mis à mal par l’alcool, l’alimentation, certains médicaments ou une maladie. Comprendre ce que signifient ces résultats, identifier la cause et suivre des actions ciblées permet souvent de faire baisser ces marqueurs. Avec un plan clair, vos taux peuvent s’améliorer en quelques semaines.

💡 À retenir

  • Les ALAT et gamma GT sont des marqueurs clés de la santé hépatique.
  • Une élévation persistante peut être un signe de maladies hépatiques.
  • Des études montrent que des changements de mode de vie peuvent réduire ces niveaux.

Comprendre les ALAT et gamma GT

Les ALAT et la gamma GT sont des enzymes produites par le foie. Quand les cellules hépatiques sont irritées ou lésées, une partie de ces enzymes passe dans le sang et leur taux augmente. Les valeurs sont mesurées en UI/L, avec des fourchettes de référence variables selon les laboratoires, l’âge et le sexe. Un résultat légèrement au-dessus de la norme n’a pas la même signification qu’un taux très élevé.

Les ALAT reflètent surtout une atteinte des cellules du foie, tandis que la gamma GT est aussi liée à la circulation de la bile et à l’alcool. Croiser ces résultats avec d’autres paramètres comme les ASAT, la phosphatase alcaline et la bilirubine aide à orienter l’origine du problème. Beaucoup d’analyses écrivent ALAT en majuscules, mais on parle aussi d’alat comme mot-clé courant pour désigner cette enzyme.

Définitions des ALAT et gamma GT

ALAT signifie alanine aminotransférase, une enzyme des hépatocytes qui augmente surtout lors d’une inflammation ou d’une stéatose du foie. Gamma GT (gamma-glutamyl transférase) intervient dans le métabolisme du glutathion et est sensible à l’alcool et aux troubles de la bile. Une hausse isolée de la gamma GT oriente parfois vers une surcharge alcoolique ou médicamenteuse, alors qu’une hausse des deux évoque plus volontiers une atteinte hépatique.

Causes des ALAT et gamma GT élevés

Les causes les plus fréquentes sont l’alcool, la stéatose dite métabolique (anciennement NASH/NAFLD, aujourd’hui MASLD), certains médicaments, et les hépatites virales. Une consommation régulière d’alcool, même modérée, peut suffire à faire grimper la gamma GT, et parfois les ALAT. Un excès de poids, le diabète, l’hypertension et des triglycérides élevés favorisent l’alat haut par accumulation de graisse dans le foie.

D’autres causes existent : hépatites B et C, surcharge en fer (hémochromatose), maladies auto-immunes, calculs biliaires ou sténoses des voies biliaires, maladies génétiques plus rares, exposition à des solvants. Certaines plantes et compléments peuvent léser le foie, tout comme des doses élevées de paracétamol. Chez quelques personnes, une hypothyroïdie ou une maladie cœliaque peuvent aussi élever ces enzymes.

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Facteurs de risque

  • Alcool au-delà de 2 verres par jour chez la femme et 3 chez l’homme, épisodes d’ivresse répétée
  • Surpoids abdominal, tour de taille élevé, diabète de type 2, triglycérides hauts
  • Médicaments hépatotoxiques potentiels, automédication, compléments concentrés (extrait de thé vert, kava)
  • Antécédents familiaux de maladies du foie ou surcharge en fer
  • Exposition professionnelle à des solvants ou pesticides

Exemple concret : Marc, 52 ans, ventre proéminent et glycémie élevée, ne boit qu’occasionnellement. Son alat et sa gamma GT sont au-dessus de la norme. L’échographie montre une stéatose. Trois mois plus tard, après 8 % de perte de poids et plus de marche, ses ALAT se normalisent.

Conséquences d’un taux élevé

Conséquences d'un taux élevé

Un taux élevé signale une souffrance du foie. Quand l’élévation persiste, le risque est d’évoluer vers une inflammation chronique, une fibrose puis une cirrhose. Dans la stéatose métabolique, des ALAT élevés s’associent aussi à un risque cardio-métabolique plus important. Une gamma GT haute reflète un stress oxydatif accru et s’accompagne parfois d’un cholestérol déséquilibré.

La gravité dépend de l’ampleur et de la durée. Une élévation discrète et passagère peut suivre une soirée très alcoolisée ou la prise d’un médicament. En revanche, des valeurs supérieures à 2 à 3 fois la normale ou qui persistent au-delà de 6 mois doivent motiver une exploration plus poussée. Surveiller son alat dans le temps, avec le même laboratoire, aide à interpréter l’évolution.

Symptômes associés

  • Souvent aucun symptôme au début
  • Fatigue inhabituelle, baisse d’énergie, perte d’appétit
  • Douleur ou gêne sous les côtes droites
  • Urines foncées, selles pâles, démangeaisons, jaunisse si atteinte plus avancée
  • Ballonnements, nausées, sensation de lourdeur après les repas gras

Beaucoup de personnes avec un alat élevé se sentent bien. C’est justement l’intérêt du dépistage : agir avant l’apparition de symptômes francs, quand le foie peut encore récupérer rapidement.

Solutions et conseils pratiques

La bonne nouvelle : dans de nombreux cas, des ajustements de mode de vie font baisser les enzymes hépatiques en quelques semaines. L’abstinence d’alcool normalise souvent la gamma GT en 2 à 6 semaines. Une perte de 7 à 10 % du poids corporel peut réduire les ALAT et l’inflammation du foie dans la stéatose métabolique. L’activité physique régulière améliore la sensibilité à l’insuline et la graisse hépatique, même sans perte de poids majeure.

Des études soutiennent une alimentation de type méditerranéen, riche en légumes, légumineuses, huile d’olive, poissons gras, et pauvre en sucres ajoutés, en particulier les boissons sucrées. Côté habitudes, visez 150 à 300 minutes/semaine d’activité d’intensité modérée, par exemple 30 à 45 minutes de marche rapide 5 jours sur 7. Un café quotidien, 2 à 3 tasses, est associé à des ALAT et gamma GT plus bas, sauf contre-indication individuelle. Surveillez votre alat toutes les 8 à 12 semaines pour mesurer les progrès.

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Alimentation et mode de vie

  • Réduire l’alcool à zéro pendant 1 à 2 mois, puis réévaluer
  • Éviter les boissons sucrées, sirops, pâtisseries riches en fructose
  • Augmenter fibres, protéines de qualité et oméga-3 (poissons, noix)
  • Privilégier cuisine maison simple, limiter les ultra-transformés salés et gras
  • Objectif calorique raisonnable, déficit de 300 à 500 kcal/jour si surpoids

Exemple d’une semaine type : marche rapide 35 minutes cinq jours, 2 séances de renforcement au poids du corps, menu méditerranéen simple avec salade de légumineuses, poisson gras deux fois, et collation fruit + yaourt nature. Chez Claire, 38 ans, ce programme a fait baisser son alat de 65 à 28 UI/L en 10 semaines.

Faites le point avec votre médecin sur les médicaments et compléments. Éviter l’automédication, respecter les doses de paracétamol si nécessaire, se méfier des plantes « détox » concentrées. Vaccination contre l’hépatite A et B si exposition possible. Un sommeil suffisant et la gestion du stress soutiennent aussi la récupération du foie.

Quand consulter un professionnel

Consultez si vos ALAT ou gamma GT sont très élevés, s’ils restent hors normes lors de deux bilans à 3 mois d’intervalle, ou si vous avez des symptômes tels que jaunisse, douleurs abdominales, fièvre. Les personnes avec diabète, surpoids important, consommation d’alcool régulière ou prises médicamenteuses multiples doivent être évaluées plus tôt.

Le professionnel de santé interprétera le contexte, examinera d’éventuels signes associés et proposera des examens ciblés. L’objectif est d’identifier la cause, d’évaluer la présence de fibrose et de mettre en place un plan pour faire baisser durablement l’alat et la gamma GT.

Examens médicaux recommandés

  • Contrôle à jeun des enzymes hépatiques : ALAT, ASAT, gamma GT, phosphatase alcaline, bilirubine
  • Bilan de synthèse du foie : albumine, TP/INR, plaquettes
  • Dépistages ciblés : hépatites B et C, fer (ferritine, coefficient de saturation), auto-immun (ANA, ASMA) selon cas
  • Imagerie : échographie hépatique et élastographie type FibroScan pour estimer la fibrose
  • Évaluation métabolique : glycémie, HbA1c, lipides, tour de taille

Des scores simples comme le FIB-4 peuvent aider à estimer le risque de fibrose et à décider d’une orientation vers un spécialiste. Un suivi régulier, tous les 3 à 6 mois au début, vérifie la baisse des marqueurs, l’adhésion au mode de vie et l’efficacité des éventuels traitements, afin de sécuriser la santé de votre foie sans retard

Mathieu Morel

Je m'appelle Mathieu Morel et je suis passionné par la santé féminine. À travers mon blog, j'explore les enjeux, les défis et les solutions pour améliorer le bien-être des femmes. Mon objectif est d'informer et d'inspirer chacune d'entre vous.

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