Douleur au coccyx, bosse sensible dans le pli des fesses, écoulement qui tache les sous-vêtements. Le kyste pilonidal est fréquent chez les jeunes et peut vraiment gâcher le quotidien. Ce guide clair vous aide à reconnaître les signes, comprendre les causes et choisir le bon traitement. Des conseils concrets, des avis d’experts et des photos explicatives vous accompagneront pas à pas.
💡 À retenir
- Le kyste pilonidal touche principalement les jeunes adultes
- Environ 26% des cas nécessitent une intervention chirurgicale
- Des études montrent que l’hygiène et le rasage peuvent prévenir les kystes
Qu’est-ce qu’un kyste pilonidal ?
Le kyste pilonidal est une infection localisée sous la peau, presque toujours située dans le sillon inter-fessier, au-dessus du coccyx. On le repère souvent à la partie supérieure de la raie des fesses, parfois avec de petits orifices cutanés. Il peut rester discret pendant des mois puis s’enflammer soudainement, formant un abcès douloureux.
Ce problème n’a rien de rare. Il touche surtout les personnes avec une pilosité marquée, celles qui restent longtemps assises et les jeunes adultes. On parle parfois de « maladie du camionneur » à cause des heures passées assis, mais tout le monde peut être concerné, y compris les femmes.
Définition
Un kyste pilonidal est un petit tunnel sous la peau, également appelé sinus pilonidal, qui se forme lorsque des poils et des débris cutanés s’incrustent dans la zone du sillon inter-fessier. Les frottements et la macération favorisent l’entrée de poils qui agissent comme des échardes. Le corps réagit en créant une cavité inflammatoire. L’ensemble peut s’infecter, donnant un abcès avec douleur, chaleur locale et écoulement.
Sur photo, il apparaît comme une zone rouge et gonflée, parfois avec une petite ouverture d’où s’écoule du pus ou du sang. On peut aussi observer des « fossettes » centrales, un léger gonflement de part et d’autre du pli et, dans les formes chroniques, de fines cicatrices autour de la zone.
- Indices visuels fréquents sur photo: rougeur ovale au sommet du pli, petite croûte centrale, écoulement jaunâtre.
- Dans les formes anciennes: plusieurs orifices alignés sur la ligne médiane, peau épaissie.
Causes et symptômes
La cause la plus admise est l’intrusion de poils coupés ou cassés dans la peau, favorisée par la pression, la transpiration et des microtraumatismes répétés. Ces poils forment un foyer inflammatoire qui peut s’infecter. Un antécédent de traumatismes du coccyx ou des vêtements serrés peut amplifier le phénomène. Des études confirment que l’hygiène régulière et l’élimination des poils diminuent le risque d’apparition et de récidive.
Le kyste pilonidal se manifeste souvent par une douleur lancinante en position assise, une sensation de boule, une chaleur locale et parfois de la fièvre en cas d’abcès. Un suintement qui tache les sous-vêtements, malodorant, est fréquent. Lorsqu’il devient chronique, les symptômes sont plus discrets mais reviennent par poussées.
Facteurs de risque
- Jeunes adultes surtout entre 15 à 30 ans, avec un pic chez les hommes.
- Pilosité marquée, poils rigides, antécédents familiaux.
- Position assise prolongée, conduite longue durée, sédentarité.
- Surpoids, transpiration, vêtements serrés, frottements répétés.
- Mauvaise aération de la zone, hygiène irrégulière.
Symptômes courants
- Douleur au sommet de la raie des fesses, aggravée en s’asseyant ou en se levant.
- Gonflement rouge et chaud, parfois écoulement purulent ou sanglant.
- Petits trous cutanés sur la ligne médiane, croûtes, taches sur les sous-vêtements.
- Fièvre et fatigue en cas d’abcès aigu.
Pour mieux identifier les signes, des images cliniques aident à reconnaître les orifices et la zone d’inflammation. Regardez les contours de la rougeur, l’emplacement exact sur la ligne médiane et la présence d’un écoulement. La galerie ci-dessous illustre ces repères visuels de façon pédagogique.
Traitements disponibles

La stratégie dépend du stade. En phase aiguë avec abcès, la priorité est de soulager la douleur et évacuer le pus. En phase chronique, l’objectif est d’assécher le sinus, limiter l’inflammation et empêcher les récidives. Le chirurgien choisit la technique en fonction de la taille, du nombre d’orifices, de la profondeur du sillon et de l’historique.
Tout ne passe pas par la chirurgie. Des soins locaux, une hygiène rigoureuse et la maîtrise des poils peuvent suffire dans des formes limitées. Cela dit, environ 26% des cas nécessitent un geste opératoire. Les interventions modernes privilégient des incisions décalées de la ligne médiane pour réduire le risque de récidive et accélérer la cicatrisation.
Options de traitement
- Abcès aigu: incision-drainage sous anesthésie locale, évacuation du pus, pansement quotidien. Les antibiotiques sont réservés aux fièvres élevées ou cellulites associées.
- Sinus limité: curetage du trajet, phénolisation chimique, colle biologique. Récupération rapide si la cavité est courte.
- Sinus chronique ou récidivant: excision du trajet avec cicatrisation dirigée, marsupialisation pour garder la plaie ouverte et faciliter le drainage.
- Techniques à fermeture hors ligne médiane: Karydakis, Bascom « cleft lift », lambeau de Limberg. La fermeture excentrée a moins de tensions et de récidives.
- Épilation médicale: rasage régulier ou épilation définitive au laser pour casser la boucle poil-inflammation, utile avant et après chirurgie.
Avis d’expert: « Après drainage d’un abcès, j’insiste sur une fermeture hors de la ligne médiane lors d’une chirurgie ultérieure. On obtient une cicatrisation plus rapide et moins de récidives », explique un chirurgien colorectal.
Concrètement, que se passe-t-il après un drainage ou une excision. Les pansements sont quotidiens au début, avec douche tiède pour nettoyer, séchage minutieux et gaze légère sans bourrage excessif. La douleur régresse en quelques jours avec des antalgiques simples. Le retour assis est progressif, en évitant la pression prolongée la première semaine. Un coussin en U peut aider au travail de bureau.
Questions fréquentes au cabinet. « Puis-je faire du sport ». Oui, en reprenant la marche rapidement puis des activités sans friction intense. « Dois-je raser tous les jours ». Non, mais gardez la zone sans poils visibles toutes les 1 à 2 semaines pendant 3 à 6 mois, puis espacez. « Et la douche ». Quotidienne, parfois deux fois par jour si transpiration importante.
Signaux d’alerte qui imposent de reconsulter. Fièvre persistante, douleur qui s’intensifie au-delà de 48 heures, écoulement très malodorant ou saignement abondant, rougeur qui s’étend, intolérance au pansement. Mieux vaut ajuster rapidement le traitement que laisser s’installer une nouvelle poussée.
Prévention et conseils
La prévention vise trois cibles: limiter les poils libres qui s’incrustent, réduire la macération et diminuer les frottements. Des études montrent qu’une hygiène simple et un rasage régulier réduisent nettement le risque de kyste pilonidal et de récidive. Un quotidien bien organisé fait une vraie différence.
Le plan d’action idéal associe douche et séchage précis, gestion de la pilosité, vêtements respirants et pauses régulières si vous travaillez assis. Les petites habitudes comptent. Même cinq minutes de marche toutes les deux heures diminuent la pression sur la zone coccygienne et améliorent la ventilation de la peau.