Picotements, sensation d’aiguilles, doigts engourdis au réveil ou après avoir tenu le téléphone trop longtemps : le fourmillement dans les doigts est fréquent et souvent bénin. Il peut toutefois révéler un trouble sous-jacent, surtout s’il persiste ou s’accompagne de faiblesse. Voici comment reconnaître les causes les plus probables, quand s’inquiéter et les gestes concrets pour soulager vos mains au quotidien.
💡 À retenir
- Environ 10% de la population souffre de fourmillements occasionnels
- Le syndrome du canal carpien est responsable de 50% des cas de paresthésie dans les doigts
- Des études montrent que des exercices de renforcement peuvent réduire les symptômes
Qu’est-ce que le fourmillement dans les doigts ?
Le fourmillement dans les doigts appartient à la famille des paresthésies : sensations anormales comme picotements, engourdissement ou impression d’électricité, sans véritable douleur. Il survient souvent après une compression nerveuse temporaire ou une posture prolongée, puis disparaît en quelques minutes.
On estime qu’environ 10% des personnes ressentent ces sensations de façon occasionnelle. Elles apparaissent fréquemment la nuit, au réveil, au bureau devant l’ordinateur, en vélo ou lors d’activités répétitives des mains.
Définition et symptômes
Une paresthésie se manifeste par des picotements, fourmillements, engourdissement, parfois une sensation de brûlure légère. Elle peut s’accompagner d’une baisse de sensibilité au toucher, d’une maladresse dans la pince pouce–index ou d’une raideur matinale. La durée, la fréquence et la localisation des doigts atteints orientent vers la cause.
Causes possibles du fourmillement

Les causes vont de la simple compression mécanique d’un nerf à des troubles métaboliques. Le fourmillement dans les doigts peut être isolé ou associé à des douleurs irradiant vers l’avant-bras, le coude ou le cou, signe d’une irritation nerveuse plus haute.
Les plus fréquentes sont d’origine mécanique, liées aux positions prolongées, aux gestes répétitifs ou à l’usage d’outils vibrants. D’autres relèvent d’un déséquilibre général (diabète, carences), d’un problème vasculaire (syndrome de Raynaud) ou de certains médicaments (chimiothérapies).
- Compression locale d’un nerf (canal carpien, nerf ulnaire au coude, nerf radial)
- Radiculopathie cervicale (irritation d’une racine nerveuse au niveau du cou)
- Neuropathies périphériques (diabète, carence en vitamine B12, alcool)
- Troubles vasculaires fonctionnels type Raynaud (doigts blancs au froid)
- Grossesse, hypothyroïdie, arthrose, gestes répétitifs, stress et hyperventilation
Syndrome du canal carpien
C’est la cause la plus connue : compression du nerf médian au poignet, donnant des fourmillements dans le pouce, l’index, le majeur et la moitié de l’annulaire, souvent la nuit. Risques accrus avec les travaux manuels, le clavier-souris, la grossesse, le diabète ou l’hypothyroïdie. Il représenterait environ 50% des cas de paresthésie des doigts.
Indices pratiques : réveils nocturnes avec besoin de “secouer” la main, gêne à la pince, tests domestiques comme fléchir les poignets 60 secondes (test de Phalen) accentuant les symptômes. En première intention : attelle de poignet en position neutre la nuit, pauses régulières, gestes d’assouplissement des tendons fléchisseurs, et exercices de glissement du nerf médian guidés si possible par un professionnel.
Neuropathies périphériques
Le diabète, une carence en vitamine B12, l’alcoolisme chronique ou certaines chimiothérapies peuvent endommager les nerfs. Les symptômes sont souvent bilatéraux, en “gant et chaussette”, avec fourmillements des pieds puis des mains, parfois une baisse de force. La prise en charge vise la cause : contrôle glycémique, correction de la carence, adaptation des traitements.
Quand consulter un médecin ?
Des fourmillements ponctuels après une posture compressive sont généralement sans gravité. En revanche, si le fourmillement dans les doigts est persistant, s’aggrave ou s’accompagne d’autres signes, un avis médical s’impose pour éviter l’installation d’une atteinte nerveuse.
- Faiblesse notable de la main, chute d’objets, perte de sensibilité durable
- Douleur cervicale irradiant dans le bras, ou fourmillements constants d’un seul côté
- Doigts froids et blancs au froid avec douleur intense, ou plaies qui cicatrisent mal
- Début brutal avec trouble de la parole, paralysie faciale, douleur thoracique ou essoufflement : urgence
- Symptômes nocturnes répétés depuis plus de 2 à 3 semaines malgré les mesures simples
Solutions et traitements
Le traitement dépend de la cause, mais l’objectif reste le même : diminuer la compression du nerf, améliorer la mobilité et renforcer les structures de la main et de l’avant-bras. Des gestes simples soulagent rapidement, puis un programme progressif stabilise les résultats.
Plusieurs études montrent que des exercices de renforcement et de mobilité des poignets et doigts peuvent réduire les symptômes. En complément : ergonomie du poste de travail, pauses, gestion du froid et du stress, et, si besoin, attelle nocturne pour maintenir le poignet en position neutre.